Cet article condamne une fois de plus le gaspillage publicitaire en démontrant que la lutte des différentes marques génère une annulation des effets des publicités sur le consommateur par effet réflexe d’auto protection.
« La publicité est anthropophage, elle se nourrit d’elle-même. »
Cela peut paraître complètement idiot, mais la publicité est un système qui n’existe que par ce qu’il existe. Mathématiquement, s’il disparaissait, cela ne changerait pas grand chose pour les marques.
En réalité, les entreprises veulent nous inculquer des valeurs abstraites et reprogrammer notre inconscient, nous l’avons vu auparavant. Cela à été extrêmement efficace, notamment lors de la guerre 39-45, lorsqu’il n’y avait pas de contre publicité.
La manipulation ne fonctionne que si elle s’établie sans concurrence. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Poussé dans une surenchère les marques s’obstinent à défaire ce que le concurrent à construit, annihilant les efforts coûteux de celui-ci, et l’obligeant à contre attaquer dans un engrenage sans fin.
Bien entendu les publicitaires profitent de cet etat de fait, savament entretenu par eux à travers des sondages d’opinion.
En fait, il semblerait que la moitier du prix de chaque produit que nous achetons constitue le paiement des sommes necessaires à promotionner le produit. Nous payons donc nous même notre propre pollution intellectuelle. On pourrait d’ailleurs se demander si un arrêt total de la promotion d’un produit assortie d’une baisse de moitier du prix de celui-ci, ne serait pas plus efficace en terme de vente ?
De toutes les façons notre cerveau s’habitue à cette publicité et lorsque nous arrivons à l’age ou nous devenons des consommateurs actifs, notre programmation est terminée et notre cerveau s’est déjà prémunit contre cette manipulation. Il efface systématiquement ces informations publicitaires si chère payée. Essayez par exemple de vous souvenir du logo de la marque Range Rover ou Ford ? Savez vous que vous avez vu plusieurs milliers de fois cette image, associée à une voiture ou divers autres éléments glorifiant pour la marque. En fait vous vous apercevrez que vous ne vous souvenez que de quelques logos de marques, celles en général que vous avez acheté.
Si notre cerveau arrive à filtrer ces informations, cela ne veut-il pas dire que finalement cette publicité n’a pas atteint notre conscience et qu’elle n’a pas mise en danger notre intégrité intellectuelle.
Mais non, encore une fois la conclusion sera sévère pour les publicitaires. Ce système rend notre cerveau imperméable à beaucoup de choses… Il ne faut pas s’étonner de l’individualisme de la société ! Chacun se protège de l’agression des manipulateurs et se renferme sur lui-même. Ce réflexe est hélas difficile à contrôler.
La grande solitude, cette grande détresse de la ville, est certainement due à cet isolement protecteur de l’individu qui cherche à se retrouver et éviter d’être dévoré par les débats contradictoires qui tapissent les murs de la ville.
La publicité dans sa guerre perpétuelle, non seulement ne sert strictement à rien (sauf rares exceptions) sur le long terme, mais en plus met les gens en état de siège, les agressant perpétuellement avec un bourrage de crâne absolument inévitable et qui agit comme autant de violences. Nos pensées sont en permanences détournées par ces spots publicitaires et notre attention se retrouve éloignée des milliers de choses passionnantes qui nous entourent.
Le citadin, plus exposé que les personnes vivant à la campagne, est méfiant, et marche tête baissée pour mieux se concentrer sur ces pensées personnelles.
Ou que l’on ailles en ville, les publicités s’imposent à notre vue. Il est difficile de ne pas lire les affiches dans le métro par exemple. Elles sont dupliquées à des milliers d’exemplaires et placées partout ou notre regard se pose. D’ailleurs des spécialistes étudient les endroits les plus efficace, de manière à immédiatement y mettre un panneau publicitaire.
Sur la route notre attention qui devrait être exclusivement réservée à la conduite se voit constamment détournée par des panneaux gigantesques. Les journaux sont pleins de ces tentatives de corruptions de notre portefeuille.
Le monde est en guerre. Chacun veut l’argent de l’autre et la publicité est un moyen comme un autre de décider le consommateur à se séparer de cet argent savament mis de coté. Car le but de cette société n’est pas de nous enrichir, mais au contraire de nous appauvrir, de nous faire dépenser tout notre argent. Il ne doit rien nous rester.
La publicité est pour ceux qui ont les moyens de la faire, de se partager le gâteau de cette la redistribution de nos économies.
Dans un monde civilisé, on devrait avoir le moyen de s’isoler de ces agressions de tous les instant. La liberté est totalement bafouée et le simple fait de marcher dans la rue sans être sermonné, manipulé, tenté, énervé par tel ou tel panneau publicitaire.
Les voleurs nous suivent jusque chez nous a notre porte pour nous vendre des tapis, rempailler de chaises, tailler nos haies. Notre téléphone sonne régulièrement pour nous pousser à venir acheter des cuisines, poser des fenêtres.
Que penser de gens qui sont désespérés au point de venir nous tenter de nous subtiliser notre argent de force dans notre intimité ou notre maison.
Que penser d’une société qui tolère que les gens soient à la merci des brigands commerçants avec la complicité des autorités et des lois ?
La publicité s’affiche sur les t-shirts de nos enfants, sur les poster qui sont sur les murs de leur chambres.
Les publicitaires ont-ils besoin d’agir avec tant de violence pour nous convaincre ? Bien sur que oui. C’est une guerre qu’ils se livrent dans une surenchère de budgets. Chaque publicité d’un concurrent annule celle faite par un autre concurrent qui se doit de réagir. Si les sociétés souffrent parfois de ces guerres, si elles se ruinent en marketing, c’est un choix délibéré. Elles pourraient investir cet argent dans de la qualité, des conditions de travail meilleures pour leurs employés. Mais non, cet argent part en fumée…
Dans toute guerre, les vrai victimes sont celles civiles, qui n’ont rien demandées. Et nous sommes tous victimes de cette imbécile obstination a vouloir nous convaincre du faux alors que le vrai serait facile à fabriquer si l’argent utilisé pour nous enfumé était investi pour nous satisfaire
