10th mai, 2007

Chap 14 : Merci Bernard 2ème partie

Bernard avait déjà appelé tous ces copains. Et il suivait avec angoisse cette situation qui empirait de jour en jour.

Je commençais à évaluer la possibilité d’un retrait en Martinique ou en Guadeloupe qui ne sont pas si loin de cela et je me renseignais pour connaître les prix des logements là-bas.
Je suis d’un caractère obstiné, et les contrats que j’avais signés par internet me laissaient entrevoir la possibilité de développer un véritable business. Mais encore fallait-il rester légalement sur le territoire Américain.

Car aux USA toute faute est impardonnable et si un jour vous êtes arrêté a la frontière ou alors que vous dépassez la durée du visa touriste qui est de 3 mois, vous êtes fichés a jamais et vous n’aurez plus la possibilité d’avoir un visa légal. Sauf bien sûr en payant très cher un très bon avocat !

Donc me voila à un mois et demi de mon départ définitif et obligatoire des USA.

Bernard m’appela :
« Salut Nikko, aujourd’hui je vais chez Dave Buttner, il a une boite dans la musique et il fait a peu prêt la même chose que toi : des sons pour les professionnels, ce que tu as fait pourrait l’intéresser ? »

La société de Dave est une petite entreprise qui existe depuis plus de dix ans et qui est spécialisée dans l’enregistrement de sons « prêts à emplois » pour les musiciens professionnels. Par exemple lorsque vous entendez un orchestre jouer dans la série « Lost » ou « Housewife » ne croyez pas que c’est un véritable orchestre qui joue, mais c’est un enregistrement préenregistré que les musiciens ont acheté.

Il s’avère que Bernard voulait commercialiser un logiciel exclusif qui permet de créer des banques de sons prêt emplois. Ce logiciel facilite énormément l’enregistrement des instruments. Ayant travaillé sur ce projet (j’en ai fait le prototype) j’avais la possibilité de l’utiliser bien avant sa sortie. C’est ainsi que j’ai crée plus de 15 DVD d’enregistrements de sons pour le pro du multimédia.

Si je pouvais licencier ce contenu ne serais-ce que 1000 dollar par DVD cela me ferait un peu d’argent.

Bernard a donc contacté Dave qui lui a répondu enthousiaste, «oui bien sur venez me voir demain ».

Le lendemain, je fais la moitié du voyage en scooter et Bernard vient me rejoindre a mis chemin sur Aventura, car la boite de Dave se trouve a 80 Km de Miami Beach et cela fait un peu loin pour y aller en deux roues.

En route vers Sunrise, le pays du ‘soleil levant’ ! Sunrise est une ville nouvelle, construite le long des Everglades, et tout y est comme sortie de l’usine. C’est propre, taillé au couteau, tout est paysager et c’est véritablement magnifique. Après un immense jet d’eau au milieu d’un ensemble d’ immeuble de bureau de plein pied, on arrive comme convenu a notre rendez vous de 11h du matin. Dave n’est pas arrivé, il se lève tard.

On marche avec Bernard en attendant que Dave arrive.

« Cela fait plusieurs fois que je vois Dave et chaque fois on parle de faire des trucs ensemble mais rien ne se passe ! » dit Bernard.

« Si on pouvait se mettre d’accord sur un projet, j’ai juste besoin d’un sponsor pour mon visa, ensuite je peux payer les frais d’avocats ou faire le visa moi-même. Mais il faut faire vite,
plus que 45 jours et je dois partir ! » Je lui réponds.

On marchait lentement sous les Banyans qui bordent les routes. Le soleil tapait violement comme toujours en Floride. Soudain, Dave arrive.

Il a un air éméché, les cheveux en batailles et il porte un t-shirt qui doit dater de sa petite enfance !
On reste dehors et je lui montre rapidement les DVD que j’ai réalisés. Il semble très ennuyé.

« Des sons on en a pleins, on a enregistré les meilleurs musiciens, avec les meilleurs instruments dans les meilleurs studios, John Blackwell, Danny Gottlieb, des gens comme ça, alors on n’a pas besoins de plus de sons actuellement »

On discute de choses et d’autres. Je lui parle un peu de ce que je fais. « Donc sur mes site internet, les gens peuvent s’abonner et… »

Il m’arrête. « Tu fait de l’internet ? » Je réponds que oui bien sûr.

« Suis-moi ». On entre et on tourne dans la première pièce à gauche. Au fond de la pièce trône un PC avec deux écrans 19’. Il l’allume. Le PC se charge lentement, merci Microsoft ! Puis il va sur internet et tape le nom du site internet marchand de la société. Le site est joli et plutôt bien foutu. Il clique sur une option et une liste de 50 messages d’erreurs s’affichent.

Je regarde, il s’agit un simple problème de configuration qui peut se résoudre en 2 minutes.

Il me demande : « tu peux résoudre ce problème ? » Je lui réponds que oui bien sur, je lui montre un de mes sites internet. Il m’interrompt.

« Suivez-moi » Cette fois on va dans une immense pièce avec un aquarium, une table de réunion, des prix et des awards sur les murs et Garry son frère qui est installé derrière un bureau débordant de paperasse.

Garry s’en va et Dave s’installe dans le grand fauteuil du patron. Il met ces pieds sur le bureau et part dans une grande tirade dithyrambique a propos du fait qu’ils ne peuvent pas payer cher et que c’est une petite boite, qu’elle a beaucoup d’avenir et qu’un jour, peut être tous les gens qui y sont employés seront riches . Cette tirade qui n’en finissait plus était apparemment pour préparer le terrain à de futures négociations.

Dave s’adresse moi : « Nikko, tu cherche un emplois ou tu veux juste travailler en temps que consultant. »
J’essaye de faire le difficile et laisse entendre qu’un emploi ne serait pas de refus. Je lui dis que j’ai un problème de VISA et qu’en ayant un visa avec son entreprise cela m’enlèverait une bonne épine du pied.

« On a fait le VISA de Keith Emerson – une icône du Jazz Rock des années 70 - donc on connait un peu les Visa. Je te propose de faire un essai de 3 mois et si cela marche on te fait ton VISA ! »

Je dis d’accord, et il me demande combien je veux être payé. Après son speech je décide de viser bas pour assurer le coup, et ensuite je demanderais des augmentations de salaires si elles sont justifiées. N’oublions pas que l’on est aux USA, pays de la flexibilité, on peut être viré instantanément, mais si on rapporte de l’argent a l’entreprise on peut avoir une promotion aussi rapidement !

« 3000 dollars par mois qui seront ensuite mis à niveau lorsque j’aurais le visa et je paierais des taxes, ce qui revient à 10% d’augmentation après 3 mois »

Il me regarde, se gratte le menton, il se remet à tourner autour du pot.

Je lui dis de manière autoritaire : « c’est le minimum vital pour moi, cela paye à peine mes charges ».

Il y a un long silence, Bernard est neutre dans son coin.

Dave soupire. « C’est un bon chiffre ». Il se lève et me serre la main « affaire conclue ».

Je lui demande quand est-ce que je commence, il me répond « demain ? ». « Hum demain je ne peux pas, il faut que je m’organise pour le transport, on va dire, Jeudi prochain ? » Cela me laisse 3 jours pour m’organiser.

« Ok ». Il nous raccompagne vers la porte et me tape sur l’épaule. « Bienvenue a bord ! »

En se rendant vers la voiture je regarde Bernard. « Je crois que je viens d’avoir un job plus un VISA », on éclate de rire ! « WHouou, génial »

Mais tout n’est pas si simple. 45 Jours avant l’expiration de mon VISA je ne me doute pas de toutes les galères qui m’attendent, car faire un VISA n’est pas si simple, et quel type de VISA d’ailleurs ? Aller au travail 80 Km de la ou on habite avec qu’un scooter comme moyen de transport… comment je vais faire.

En fait, les choses sérieuses vont a peine commencer! Et tout va s’accélérer très vite!

Réponses

j ai bien suivi votre parcours qui m intrigue, je porte moi meme le meme nom que vous, j habite en israel mais je suis prete a m installer en floride ou mes parents qui son touristes possedent un petit studio.

comment cela se fait il qu il est pour certains aussi difficile de devenir resident et a long terme americain?

vous avez l air d avoir plusieurs cordes a votre arc, je me pose cette question depuis que je vous lis, quel est finalement le blocage selon vous?

si vous voulez me repondre, abijess@hotmail.com

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