13th mai, 2007

Chap 16 : Problème de voiture Part 1

J’ai 3 jours pour trouver un véhicule, et comme je n’ai plus d’agent (genre $3000 en banque) ça va être une grosse galère.
Petit rappel, aux USA il n’y a pas de sécurité de l’emploi. Donc vous pouvez être viré pour un oui ou pour un non. Les Américains s’en foutent car c’est le plein emplois, mais en ce qui me concerne, ce boulot c’est ma bouée de sauvetage !

Pour acheter une voiture aux USA, vous ne pouvez pas acheter à crédit a moins d’avoir un bon crédit.

Un bon crédit c’est avoir emprunté et avoir payé ces traites au moins un an sans avoir causé de problèmes. Mais il faut aussi avoir un numéro de sécurité sociale (SSN). Ce numéro vous est attribué lorsque vous êtes légalement titulaire d’un VISA.

Donc je me retrouve dans la situation d’un Sud Américain sans papier. Je ne peux acheter un véhicule cash et c’est tout. Avec mes finances c’est exclut. Comme j’ai maintenant un boulot, je peux reprendre un véhicule en location. Bien que cela soit cher, ce peut être temporaire et ensuite lorsque j’aurais plus d’argent je paierais une voiture.

J’appelle Nicolas et je lui demande si il peut me déposer chez Trifty a Aventura. Il accepte et arrive toujours avec son air débonnaire, en Tongue et avec une super minette allemande sur la plage arrière.

« C’est Ingrid ma copine, elle est revenue avec un VISA touriste pour 3 mois ! » répond Nicolas. Elle a un air un peu timide et coquin, très charmante. Elle parle heureusement Anglais car je suis nul en Allemand, malgré des années d’études forcée, je parle Allemand comme les bergers du même nom.

Nous voila parti vers Aventura, vitres ouvertes. Il fait beau, il fait chaud et je me sens l’âme d’un légionnaire comme dirait Ginsbar. On arrive au Trifty ou je m’étais fait arnaquer de $800 il y a un mois et demi. Je remercie Nicolas et Ingrid qui repartent au volant de leur savonnette.

Le bâtiment n’a pas changé, les employés non plus. Les haïtiens trainent toujours la jambe en essuyant les voitures nouvellement rentrée, et une musique latino s’échappe d’un minuscule poste de radio.

« Je voudrais louer une voiture, la moins chère » dis-je.

La fille a un air de robot édulcoré. Elle fait une recherche dans leur base de données.

« Nous avons une Chrysler Sebring pour $500 par mois sans les assurances. »

« Ca me va ». J’ai déjà payé trop cher en assurances, cette fois je dois faire profil bas, car j’ai plus de sous.

Je tends ma carte de débit HSBC. Elle fronce les sourcils et me dit.

« Ca ne marche pas. »

J’hallucine ! « Vous pouvez peut être essayer ? »

Elle essaye à nouveau.

« Non rien à faire votre carte n’est pas acceptée par le système ». Elle me regarde avec le regard vide de Z6PO dans la “Guerre des Etoiles”. « Vous n’avez pas d’autre carte ? »
J’avais une autre carte mais j’ai été obligé de l’annuler à cause d’une société Internet (1and1) qui continuait de me débiter tous les mois en ignorant les fax et les lettres recommandées.

La manager arrive. Elle essaye à nouveau. « Non votre carte ne passera pas, combien vous avez sur votre compte ? »

« 3000 USD »

« C’est suffisant, ah j’ai comprit, c’est une carte de débit ! »

Je dis « Oui évidement ».

« On ne prends pas les cartes de débit. » En se faisant elle désigne un cadre avec le règlement et il est effectivement écrit qu’ils ne prennent pas ce type de cartes.

Aux USA il y a deux types de cartes. Les cartes de débit et les cartes de crédit. Les cartes de crédit vous donnent un crédit de 500 USD ou plus, que vous pouvez utiliser. Elles sont a -500 et vont jusqu’à 0 lorsqu’elles arrivent à 0 elles ne fonctionnent plus et vous devez rajouter de l’argent dessus. C’est compliqué mais c’est ainsi que vous « montez votre crédit ». Votre niveau de crédit est un nombre dont le calcul est secret, mais qui permet aux banques de savoir si vous êtes une personne de confiance. Avec un bon crédit vous avez accès à des taux avantageux et vous êtes courtisé, avec un mauvais crédit, vous n’avez plus rien d’intéressant. Donc utiliser sa carte de crédit sert essentiellement à monter son niveau de crédit. La carte de débit elle est une carte toute simple à débit immédiat.

« Qu’est ce que je peux faire ? »

« On ne peut rien pour vous, revenez avec une carte qui marche ! »

Je me retrouve dehors, a 20 km de mon appartement et sans moyen de transport. Je n’ai pas de cellulaire pour appeler à l’aide.

Je marche le long de la One, cette large route qui suit la côte sur toute la face Est des USA, et je regarde passer les 4×4 avec envie. Les USA sont un pays où il ne fait pas bon vivre quand on est pauvre. Sans voiture
c’est pire. Je marche jusqu’à un arrêt de bus. La nuit tombe.

Aucun bus a l’horizon et il n’y a pas d’horaires. Je suis seul et j’attends une bonne demi-heure.

Finalement un bus arrive et je monte. Je demande au chauffeur ou je dois aller pour arriver sur Miami Beach.

« Montez et je vous ferais signe pour le changement »…

Je monte dans le bus bondé des ouvriers qui rentrent chez eux. Pas un seul blanc. Beaucoup de noirs et d’hispaniques. Les gens ont la mine fatiguée. Ils ne vivent manifestement pas le rêve américain. Certains font 2h le matin et 2h le soir pour aller travailler sur les gros chantiers des nouveaux condos en construction.

Dur status qu’immigrant illégal. Le bus est climatisé et parfumé, mais il est en mauvais état. Des tags sur les sièges témoignent de la détresse et la lassitude des gens. Ceux qui prennent le bus en Floride sont les laisser pour compte de la société.

Après plus une heure de bus et un changement je me retrouve devant le grand building massif de Collins Avenue. Je n’ai toujours pas de véhicule. Demain j’irais chez Budget, car j’ai déjà loué chez eux une voiture pour une journée avec ma carte de débit pour aller voir les maisons, me détendre et rencontrer une avocate Française a Fort Lauderdale il y a 2 semaines. Avec eux cela marchera.

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