Le compte à rebours a commencé. J’ai désormais moins d’un mois pour faire mon Visa O1 et je n’ai toujours pas de moyen de transport pour me rendre au travail. Je n’ai plus la possibilité de faire un visa normal H1, car les quotas sont dépassé pour les 6 prochains mois, donc je dois me rabattre sur le visa le plus difficile qui soit : le O1. C’est un visa pour capacité exceptionnelles, réservé en général pour les prix Nobels, les artistes et les sportifs de haut niveau. Cepandant ma chance est d’avoir toutes ces années réalisées des choses sur Internet qui on générées pas mal d’articles. Mais n’étant pas ‘connus’ le paris est risqué.
Mon avocate de Fort Lauderdale, après étude de mon dossier me donne un avis défavorable “je pense que c’est très risqué”. Lorsqu’un avocat vous dit cela vous pouvez vous dire que vos chances sont minces. Mais je suis obstiné, et maintenant que j’ai un employeur qui me veut, je peux essayer de tenter le coup.
Du coté des bonnes nouvelles, j’ai finalement trouvé une voiture pas chère, ce qui devrait me sortir d’affaire.
Certains m’ont demandé « mais pourquoi tu es sans argent? » Il faut savoir qu’évidement j’attends de l’argent de mon divorce, mais cet argent doit m’être envoyé par mon ex-femme. Et comme par hasard, nous somme environ 2 mois après le divorce et l’argent n’est toujours pas débloqué. Il parait que c’est la faute de la banque.
Mais le jugement du divorce est clair et sans appel. Je devrais avoir l’argent de la vente de ma maison en France, voila deux mois. Si c’était le cas, je n’aurais rien à écrire me direz vous…
Dans cette circonstance, je ne peux que maudire la raison qui fait que mon argent est indisponible car cela risque de mettre à l’eau tous mes projets.
Je passe encore un coup de fil incendiaire à mon ex, qui trouve toujours une excuse, et me raconte qu’elle est allée à Disney avec les enfants. Cela me fait sourire. Je n’aurais pas du partir si loin, évidement ; j’aurais du rester dans un petit appartement miteux en Banlieue, comme cela j’aurais pu faire la nounou et être le témoin du bonheur de mon ex.
On est bientôt en Juin et la saison des cyclones va commencer. A la TV, ils commencent à rappeler les règles de survie. Si cela continue, la première tempête tropicale sera Nikko débarquant en France pour tout casser !
Demain Fréderic, un copain de longue date vient me rendre visite, cela me fait plaisir d’avoir un peu d’air Français dans la moiteur de Miami. La super bonne nouvelle c’est qu’il va louer une voiture et que je vais pouvoir aller prendre la mienne en économisant le taxi !
Je m’installe sur la terrasse et je regarde la mer. Paradoxalement l’été à Miami les plages sont vides, c’est la basse saison car les Canadien restent chez eux a cause du beau temps là-bas.
J’ai quand même de la chance d’avoir cette vue, cette mer en face de moi. Cela me remonte le moral.
Mais j’y pense, ce matin j’ai reçu une lettre comme quoi mon permis est fini. En effet, lorsque vous êtes touriste vous devez passer le permit Floride pour pouvoir conduire autre chose qu’un véhicule loué. Mais ce permit ne dure que deux mois. Sans permit, ils ne me laisseront pas partir avec la voiture, car le permit aux US est la pièce d’identité la plus utilisée.
Je dois aller au DMV car c’est là-bas qu’on passe l’examen de conduite. Sauf que comme j’ai des papiers français je n’ai pas besoin de passer de test, c’est donc juste une formalité.
Le DMV le plus proche est a Miami Dale, a coté de l’aéroport. Je dois y aller tôt car par expérience, je sais que sans rendez-vous je risque de passer toute la journée à attendre à faire la queue interminable.
Je fais un paquetage de bon petit soldat et me prépare à un nouveau périple à scooter.
Les scooters Chinois ne valent rien. Ils ont mit un moteur sur un châssis des roues en plastique, et une jolie boite en plastique autour, mais cela n’a rien à voir avec un bon Peugeot ou une vielle Motobecane.
Ces scooter n’ont aucun aérodynamisme, et avec le vent sur Miami Beach c’est super dangereux. Le passage de l’immense pont qui passe sur la baie et un véritable tour de roulette Russe. Des bourrasques manquent de vous pousser et vous faire tomber, et vous devez rouler à 100 km/heure pour rester dans le trafic, au milieu des 4×4 et autre Hummers !
Le pire c’est les roues. Elles sont faites comme celles des jouets et n’ont aucune adhérence, donc lorsque vous passez sur la partie métallique d’un pont-levis comme il y en a partout pour laisser passer les bateaux sur les canaux, l’arrière se met à chasser comme si vous étiez sur de la glace !
Bref après deux heures de recherches je trouve le fameux DMV de Miami Dale.
Je m’attendais à un building étincelant mais en fait je me retrouve face à une bicoque comme celle ou j’ai acheté ma voiture, un petit bâtiment plat et usé, aux milieux d’une zone qui semble être ravagée par les radiations. Un petit parking sert pour passer le test de conduite, on dirait un petit circuit pour des voitures radio commandées ! Des gens sont assis partout ou il y a de l’ombre. C’est poussiéreux il n’y a pratiquement pas de verdure, comme en plein désert. Chaque bâtiment est entouré de barbelés et le DMV ressemble plus à des toilettes publiques au milieu du désert tunisien qu’à un bâtiment public.
Les gens font la queue jusque dehors, donc je me presse pour attendre mon tour.
Une demi-heure pour atteindre la porte d’entrée. Sur le parking d’à coté, les gens passent le permit de conduire. Il ne faut pas s’étonner que les Américains soient si mauvais conducteurs. Pas de créneaux. Ils vous font faire un tour de piste et c’est fini, a 10 km heure évidement, c’est vraiment ridicule !
Mon tour arrive. Une employée en uniforme de police me demande mon passeport sans même me regarder, « entrez et attendez votre tour ».
Je rendre dans la grande pièce poisseuse. Au fond, séparés par un mur d’un mètre cinquante de haut se trouvent des guichets ressemblant a ceux que l’on trouve dans les Aéroports. La pièce ou je suis a des bancs comme a l’école maternelle, et des gens y sont affalé depuis longtemps. On peut passer du coté des guichets par la droite et par la gauche. La droite est réservée a ceux qui ont un rendez vous, et a gauche, pour ceux qui n’en ont pas. Périodiquement un type en uniforme vient faire l’appel et cela veut dire que vous devez aller faire la queue debout vers votre entrée ver la pièce du fond.
Devant chaque guichet, a environ 2 mètres de distance, pends un carré de tissus blanc qui sert de décors de fond pour prendre les photos d’identité.
L’attente est longue et c’est l’occasion d’évaluer la faune qui se presse dans cette pièce. La première chose qui choque c’est qu’il n’y a pas d’Américains blancs. C’est le royaume des hispaniques et des noirs des tropiques. De plus tout le monde parle Portugais ou Espagnol. Rapidement on se retrouve complètement dépaysé, comme si on se trouvait en Martinique ou en Guadeloupe.
Tout se passe au ralentit. Ici une jeune fille taquine son téléphone cellulaire, là une personne âgée se fait accompagner par son fils.
Tout à coup j’entends des grognements et du bruit derrière moi. A l’entrée se trouve un Handicapé dans un fauteuil roulant accompagné de sa mère et de sont frère valide. Ils se dirigent vers un guichet accompagné par la personne qui s’occupait de l’entrée. L’handicapé semble être attaché sur sa chaise roulante et se débat dans tous les sens. Il pousse des cris et des grognements en langage Klingon (les fans de Star trek apprécieront).
Tout le monde se regarde. Est-il possible que cette personne qui bave sur son siège roulant demande un permit de conduire ?
La situation empire, ils doivent le détacher car il faut prendre la photo et pour se faire il faut se tenir debout devant le linge blanc.
Il est prit de spasmes violent, et il donne des coups de pieds, sa mère et son frère tentent tant bien que mal de le maintenir pendant qu’ils prennent la photo. Il y a un flash, qui le rend fou furieux, il cris et grogne de plus belle et finalement donne un tel coup de pied en l’air qu’il s’affale de tout son corps sur le coté.
Sa famille le relève pour le remettre sur son siège, il c’est apparemment ouvert la lèvre. Il laisse derrière lui une flaque de sang.
Il est rapidement évacué vers l’extérieur. Le calme revient comme si rien ne c’était passé. Quelqu’un vient essuyer le sang sur le sol. L’incident est terminé.
C’est mon tour, je me lève avec un groupe de gens et commence à faire la queue pour la troisième fois. Cela fait 2 heures que je suis arrivé.
Pour avoir son permit c’est simple, il faut juste répondre a un questionnaire, et prendre une photo. Ils prennent vos empruntes digitales et c’est fini. On vous donne un papier imprimé blanc qui fait office de permit temporaire en attendant que vous receviez le définitif par la poste.
Mais ne vous inquiétez pas, votre permit sera expiré avant que vous ne receviez celui avec votre photo, l’administration en Floride est connue pour sa lenteur et Miami Dale est l’endroit le plus significatif de ce qu’est devenu la Floride aujourd’hui. Un mélange d’Amérique et de tropiques, d’Anglais et d’Espagnols. Un melting pot unique qui finalement démontre la capacité de cette nation à pouvoir s’adapter et à intégrer les étrangers, les handicapé, les vieux et tous ceux que l’on stigmatise en Europe.