20th mai, 2007

Chap : 20 : La cerise sur le gâteau

Fréderic, un ami de toujours est venu me rendre visite aujourd’hui, au programme, brunch sur Ocean Drive, informatique et récupération de ma nouvelle voiture. On est lundi et je vais enfin pouvoir aller au travail demain. Je récupère la voiture aujourd’hui pour être prêt. Je dois évidement payer mes amis Harry et Jean les deux vendeurs de voiture les plus sympa de la planète !

Fréderic m’accompagne à Carribean Auto Sales et il a la mine réjouie. « Je suis un fan de la série Dexter, tu connais ? » J’ai effectivement vu un épisode, elle se déroule a Miami et certaines scènes ont été filmée juste a coté d’où j’habite.

« Partout ou je vais j’ai l’impression d’y être ! » me dit-il. Il ne sait pas ce qui l’il attend chez Carribean Auto Sales. C’est les yeux écarquiés qu’il entre dans la petite boutique.

La réalité parfois dépasse la fiction, et le lieu abonde de personnages tout droit sortis d’une série télévisée, sauf qu’ils sont réels. Lorsque je donne l’argent à Jean par exemple il ouvre un tiroir qui se trouve sous la table et je distingue furtivement un revolver.

Il faut un temps considérable à Jean pour faire les papiers. Il appelle l’assurance pour être sur que je peux partir, et tout semble fait dans les règles de l’art. Ils ont montés leur entreprise il y a peu de temps et ils cherchent à bien faire, c’est rassurant.

Au bout de deux heures j’ai finalement les clefs, et je peux partir. Fréderic m’accompagne et il trouve que cette voiture n’a pas l’air si mal que cela. C’est une Rodéo Isuzu de 1995, elle penche un peu vers la gauche quand je suis dedans, preuve que la suspension n’est plus tout à fait neuve, mais sinon elle roule bien.

On repart direction Miami Beach, et Fréderic me suit de prêt avec sa Chrysler Sebring de chez Thrifty.
Au bout de quelque Miles, Fred s’arrête a ma gauche et j’ouvre la vitre, il me dit « bon je te laisse, je dois reprendre l’avion demain de bonne heure, je t’appelle ce soir ».

Tout en lui répondant « ok a+ », je constate qu’une volute de fumée blanche passe entre les deux voitures et une curieuse odeur d’huile brûlée l’accompagne.

Fred s’en va, et je continue vers Miami Beach. Je m’arrête au prochain feu rouge, et pareil. De la fumée blanche, encore plus importante s’échappe du moteur. J’essaye de me rassurer en me disant qu’elle n’a peut être pas roulée depuis longtemps.

Maintenant, la fumée est importante et pestilentielle, quelque chose de grave se passe dans ce moteur ! Je décide de faire demi-tours et de parler à Jean de ce problème. Je suis vraiment très énervé, car pas besoin d’être un mécanicien pour savoir que de la fumée qui s’échappe d’un moteur est le signe d’une panne, et que je ne peux pas faire 100 km tous les matins et tout les soirs pour aller travailler avec un tel problème.

Quand j’arrive devant le magasin, Jean est installé a fumer une cigarette sur le banc a l’extérieur de la petite maison. Il me voit et fronce les sourcils. Je sors de la voiture, de la fumée épaisse s’en échappe.
Il semble inquiet et au lieu de descendre il appelle le mécano « Bonaventure ! Viens voir tout de suite ! » Puis en s’adressant à moi « il arrive de suite » puis il rentre précipitamment.

Cela n’augure rien de bien.

Bonaventure est un noir des îles, probablement Haïtien, il a un âge indéterminé, mais il a l’air de ces vieux chefs sioux pleins de rides que l’on peut voir sur des vielles photos en noir et blanc. Il est sec, et il s’essuie les mains avec un chiffon noir de cambouis.

Il est mu par une mécanique qui doit dater d’un siècle car il est très lent dans tous ces gestes. Il regarde la voiture d’un air circonspect. Il ouvre la portière et à un mouvement de recul quand il voit l’intérieur maculé d’huile de vidange.

« Ils vous l’ont vendue comme ça ? », je fais oui de la tête.
Il bouge la tête de droite à gauche en signe de négation, et se pince les lèvres. Il allume le moteur, et ouvre le capot.

« Bad, bad » Il se gratte la tête. Il regarde sous le moteur.

« Bad »

Il tourne autour de la voiture et hume l’air.

« Hum… bad »

Ce type me fait penser au vieux Yoda de la Guerre des Etoiles. Va-t-il me mettre le doigt sur la poitrine et me dire «la force en toi je sens ». Moi pour l’instant je sens juste une odeur d’huile brûlée!

Je le presse. « Alors qu’est ce qui se passe ? »

Il me fait signe de venir voir. « Regardez » il désigne plusieurs grosses vis dans le moteur. « Il y a des fuites, alors l’huile coule, tombe sur le pot d’échappement et brûle.

« Vous voulez dire que la voiture pourrait prendre feu ? » je lui demande interloqué !

« C’est possible. »

Jean arrive prudemment et lui demande ce qu’il en pense.

« C’est sérieux, il faut sortir le moteur et changer les joints, y en a pour plusieurs heures.

Je suis désespéré, je cris sur Jean « tu m’avais dit que je pouvais compter sur cette voiture pour les prochains moi, et après 5 km, elle me lâche ! »

Je suis excédé, mais je me retiens, je me souviens du révolver dans le bureau et je ne tiens pas à arrêter ce journal avant la fin.

On se retrouve dans le bureau. Le soir tombe. « Bon qu’est ce qu’on va faire ? » Je lui rappelle qu’il doit payer 50% des réparations, et il demande à Bonaventure de se renseigner sur le prix à payer pour les pièces.

Bonaventure passe une heure avec son portable et fini par revenir. Je m’attends au pire. Changer les joints de culasse d’une voiture coute environ 2000 EUR en France.

« Cela devrait vous coûter dans les $150 ». Il attend de ma part une réaction explosive, mais de mon point de vue je suis plutôt soulagé. Je ne le montre pas et je tente de négocier que la réparation se fasse au plus vite.

« Je peux le faire pour demain »

Et comment je fais pour rentrer chez moi ?

« Vous pouvez rentrer en Bus ou alors en taxi, mais je serais vous je prendrais la voiture, il y a peu de chance qu’elle vous lâche en chemin ! »

Je pense « elle peut tout juste brûler et moi avec », mais bon je n’ai pas trop envie de passer deux heures à attendre et prendre le bus, et mes finance m’interdisent de claquer dans un taxi.

Je décide de rentrer avec mon nuage de fumé blanche. Demain je dois aller travailler et je vais donc leur déposer la voiture et trouver un moyen pour aller au boulot tout de même car je ne peux pas repousser une fois de plus sans risquer de perdre mon unique opportunité de travail.

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