31st mai, 2007

Chap : 21 : Le travail

Je travaille dans une petite entreprise de 25 personnes, et je suis le seul à m’occuper du site internet.
Ce matin j’ai emmené la voiture à Bonaventure qui doit la réparer pour demain. Puis Bernard est passé me chercher dans sa Mustang décapotable et m’a emmené au boulot. Il a du faire 150 Km au total, merci !

Le patron de cette entreprise se nomme Dave et il est un peut dans le style musicien allumé. Mal rasé, avec un t-shirt datant du collège, souvent maculé du petit déjeuné, il n’hésite pas à lâcher un pet au milieu de la conversation. C’est plutôt surprenant comme première expérience dans une entreprise cent pour cent Américaine.

Tout d’abord ce qui me frappe c’est le rythme de travail. Ils ne sont pas stressés c’est le moins qu’on puisse dire. Ca rigole, fait le café, mange des cookies l’ambiance est incroyablement détendue.
Je suis installé devant deux écrans d’ordinateur a l’entrée des locaux, avec une charmante jeune femme Helena. Elle est de type sud Américaine, très sérieuse voire cul serrée et elle travaille d’arrache pied environ 10 heures par jours avec juste une petite pause pipi ! Elle est très calme, donc je peux me concentrer.

J’ai peu de temps pour faire mes preuves, et après une mini réunion au soleil de Floride je me lance dans la réparation du site Web.

Le soir, Bernard passe me chercher et je retourne avec son aide chercher la voiture qui doit être réparée. Il me dépose à coté de Caribbean Auto Sales et je vais voir ou en est Bonaventure. Impossible de le trouver ! Jean arrive désolé « il n’est pas là aujourd’hui ».

Je réponds décontenancé : « mais il devait finir la voiture ».

« Il y avait d’autres urgence, il faut passer demain matin»

Ma voiture est toujours là ou je l’avais laissée, personne ne la touchée.

Je repars dégoûté. Maintenant je n’ai pas le choix, je dois prendre le bus. La nuit tombe, et le bus ne vient pas. Il est trop tard et il passe toutes les 30 minutes, sauf que contrairement a la France, il n’y a pas d’horaires.

Après plus d’une heure d’attente, je dois prendre une autre ligne car la ligne la plus directe est fermée. Celle la passe par North Miami Beach.

Quel endroit mal famé ! Dans le bus se trouve toujours le lot d’émigrés aux mains sales et pantalon maculé de peinture. Ce soir il y a un black complètement débile. Il tient une boite en polystyrène et mange avec ces mains. Toute son attitude est simiesque, il se gratte la tête, regarde a droite et a gauche, et mange avec la boite entre les genoux. Il ne supporte pas que quelqu’un l’approche. Donc à chaque arrêt, il pousse un petit cri lorsque quelqu’un s’installe a coté de lui, et change de place.
Il c’est installé derrière moi et il s’en dégage une odeur que l’on sent en général uniquement que dans les Zoo.

On est au cœur de North Miami Beach lorsqu’un rappeur rentre avec son Walkman sur ces oreilles. Il a l’air sous l’influence de substances illégales et navigue vers le fond du bus avec des CD copié et libellés à la main.

« $10, c’est de la super dope man » il cherche à refiler ces CD piraté, mais personne n’en veut.

Finalement le débile sort précipitamment en renversant sa boite et du riz se repends parterre. Tout le monde pousse un soupir de soulagement.

Maintenant une femme d’environ 35 ans rentre dans le bus avec une sorte de chariot a deux roue et dessus une imprimante et un ordinateur neuf. Son bras est dans le plâtre.

Je me dis qu’elle est mal barrée avec son informatique a 10 :30 du soir dans ce bus pas très rassurant.
On descend ensemble car elle se rend aussi vers Miami Beach. On se retrouve a attendre à l’arrêt de bus. Un autre type débile cris et traverse la route sans regarder, un déchainement de klaxons tente de le raisonner.

« Vous n’avez pas de voiture ? » je demande à la dame.

« Si, mais je l’utilise pas, je n’ai pas envie qu’on me l’emboutisse ».

Surprenant comme conversation.

« Regardez mon bras, je faisait du vélo et un type m’est rentré dedans ! Il est parti sans demander son reste ». On appelle cela un « hit and run » car en Floride la plupart des gens pauvres n’ont pas d’assurance voiture, malgré qu’elle soit obligatoire. Donc s’ils ont un accident, ils ont intérêt à partir de suite, car pour chaque accident de voiture, la police intervient et fait le constat.

Elle continue « Avant j’habitais en Géorgie, la bas les gens savent conduire, ce n’est pas comme ici ».

Le bus arrive. Je serais rentré épuisé à 11h du soir !

Le lendemain, je pars en scooter jusqu’à Carribean Auto Sales. Bernard m’à prêté son portable au cas où j’ai un problème. Je rencontre Bonaventure.

« Je peux pas la faire avant la fin de la semaine » me dit-il.

« Comment ? Mais tu avais promit » je proteste.

« Mais je dois finir la voiture rouge d’abord, en plus les pièces ne sont pas arrivées. Reviens Vendredi je te promets ce sera fait ! »

Je fulmine mais que puis-je faire ? J’appelle Bernard qui vient me chercher à nouveau. La journée se passe bien, et cette fois je rentre en scooter. Je décide que je continuerais comme cela jusqu’à jeudi, mais Vendredi je prends ma journée. Je me renseigne et jeudi, Bonaventure commence le travail.

Il tiendra parole et le Vendredi je récupèrerais cette voiture qui me permettra d’aller travailler pendant les prochains mois.

Maintenant il faut que je fasse vite. Le boulot se passe super bien, les gens me trouvent super compétent, super gentils et super Français. En une semaine je suis devenu la mascotte.

Le seul problème c’est George. Il s’occupe du support technique, il a le look rappeur hispano mal rasé et parle à la vitesse supersonique.

Le principal problème c’est qu’il est réfractaire à tous changements que je veux faire sur le site internet. Ce site à été crée par son copain Rob, qui a démissionné depuis un an et depuis le site devient moribond. Il est déprimé, en a mare de la boite ou il travaille, est négatif et cela m’empêche de travailler.

J’en parle a Dave mon patron, j’essaye d’être diplomate. Il me dit « tu veux que je le vire ? ». Je suis choqué, en France on ne vire pas les gens comme cela. Je lui réponds qu’il faudrait qu’il lui parle pour qu’il évolue et comprenne que maintenant c’est moi qui m’occupe du site internet et que je dois pouvoir travailler en comptant sur son aide.

Le lendemain j’arrive a la boite et Dave m’accueille : «J’ai téléphoné a George ce matin, je l’ai viré, il faut que tu passe une annonce pour le remplacer ».

Je reste sans voix. Cela fait froid dans le dos. J’ai intérêt à faire ce Visa rapidement !

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