Si je ne vous ais pas encore parlé de Bernard c’est que je savais que j’allais a un moment ou a un autre lui consacrer un chapitre.

Tout d’abord, j’ai fais sa connaissance a travers un amis commun Fréderic avec qui il a travaillé pendant un moment avant de venir vivre en Floride. C’était il y a environ 10 ans. C’est lui qui a taillé la route vers les USA le premier.

Lorsqu’il est parti, on a continué à s’appeler de temps en temps, et il me racontait ces anecdotes de nouvel Américain. Il savait que je voulais un jour venir, mais mes obligations de papa à la maison faisaient que je ne pouvais pas quitter la France.

Chaque émigrant quelque soit son pays d’origine a son parcours du combattant, ces prises de risques, ces victoires et ces échecs. Partir de son pays, quitter sa famille et ces amis, ces habitudes, sa culture est une décision qui implique beaucoup plus que l’on ne peut imaginer.

De nombreux Français d’Algérie en ont fait l’amère expérience et aujourd’hui beaucoup de gens arrivent en France avec justes quelques bagages et l’espoir d’une vie meilleure.

Emigrer aux USA est une décision plus personnelle. En effet, pourquoi quitter un pays ou on est surprotégé pour aller dans un pays ou c’est a chacun pour soit ? Pourquoi aller dans la bagarre alors qu’on peut la regarder de l’autre coté de l’Océan ?

Bernard en a lui aussi eut assez de la France et a tenté sa chance avec le destin. Il s’en est plutôt bien tiré et de sa maison sur les canaux à Fort Lauderdale, il a une vie que d’aucun envierait.

Bernard m’avait déjà donné un coup de main lorsque mon ex-femme avait perdue son travail et il m’avait accueillit chez lui pendant 2 mois le temps de me refaire en travaillant pour lui. J’ai développé le prototype d’un logiciel qu’il vend aujourd’hui très bien. Cela m’a permit de m’acclimater a la Floride. J’avais déjà visité longuement Los Angeles et San Francisco et Miami m’a semblé un endroit très attirant.

Lorsque j’ai décidé de divorcer, je n’ai pas pensé immédiatement à aller aux USA. J’ai tout d’abord regardé ma situation en France, le prix des appartements, de la vie. L’évidence m’a sautée aux yeux. Etre célibataire en France c’est avoir le pouvoir d’achat d’un sans abris aux USA. Tout ce qu’on gagne part en taxes et prélèvements et il ne reste rien pour soit.

Je me voyais mal dans un petit appartement riquiqui, avec mon ex-femme qui me nargue au bord de sa piscine.

Et puis ces voyages aux USA m’avaient convaincu que ce pays était différent de la France pour les gens qui sont comme moi des créatifs. On reconnait le talent aux USA, contrairement a la France ou dans un immense complexe de supériorité, la plupart des gens n’aiment ni la réussite, ni la nouveauté. C’est un mal Français qui fait qu’on crache sur nos artistes, nos vedettes, nos industriels et qu’on suspecte tous ceux qui gagnent de l’argent comme si devenir riche était une sorte de crime et qu’il fallait payer a coup de taxe le droit d’avoir du succès.

Je décidais donc d’appeler Bernard en Novembre 2006 pour prospecter et comparer les prix et le niveau de vie sur le nouveau continent.

Je me mis à vendre mes instruments de musique sur EBay pour me payer le voyage.

Pendant 15 jours je suis allé en Floride et j’ai parcouru l’état d’Est en Ouest, constatent que la vie la bas ouvrait beaucoup plus de perspectives qu’en France. Bernard, tout fier d’être en quelque sorte mon parrain a fait feu de tout bois pour me faire rencontrer le plus de monde possible, jusqu’à ce coup de fil chez ToxTelecom.

« Allo Nicolas ? Oui c’est Bernard tu te souviens ? Oui c’est ça on avait parlé de film divx. J’ai un ami Français qui cherche un boulot tu connais quelqu’un ? »

Lorsque Bernard raccrocha, j’avais rendez vous chez ToxTelecom avec Banai pour un entretient qui a débouché sur une promesse d’embauche.

Donc un premier grand merci à Bernard pour avoir décroché le téléphone au bon moment et avoir contacté la bonne personne.

Venir aux USA avec une promesse d’embauche et de visa est inespéré, et sans cela je ne serais jamais venu.

L’avenir comme ce journal en témoigne n’a pas été a la hauteur de mes espérances et 5 mois plus tard, je suis chômeur, sans le sou et à 1 mois et demis de l’expiration de mon visa touriste et du retour a la case départ.