Me voila arrivé a Miami, dans cet aéroport bordelique ou se bousculent les taxis les trucks et les limousines. Dans cette atmosphère à la fois moite et polluée,  je me mets en quête d’un taxi, ayant dans l’idée d’aller loin de l’aéroport pour ne pas avoir à payer les taxes aéroportuaires, qui sont assez élevées.

Je tombe sur un taxi arabe. Etrangement ce premier contact avec le sol américain me rappelle la Tunisie. Son taxi est sale et s’en dégage une odeur de sueur et de chien mouillé. Il est affable et me raconte comment les prix explosent due à la proximité du Superball 2007. Cet évènement  aux USA mobilise le pays tout entier comme le fait la Coupe du Monde en Europe, et cette année, c’est à Miami qu’il se jouera. C’est un moment historique pour la ville. En effet des affiches indiquent ici une party, là une soirée sponsorisée par une banque. Le Superball est aussi synonyme de parties débridées, de chips et de bière. D’ailleurs dans tous les magasins, a l’entrée en tête de gondole se trouvent les fameux ingrédients d’une soirée réussie.

J’ai une bonne impression avec ce type, et il me mène chez un Trifty, qui se trouve finalement pas si loin de là. Il m’aide à sortir mes bagages et s’en va. Je lui laisse un bon pourboire. Avant de prendre l’avion j’avais acheté une valise chez Carrefour, une super promo qui semblait solide, mais dès que j’ai essayé de franchir le trottoir, une roue c’est brisée et je me retrouve avec un sac sur l’épaule, une valise qui traine et un sac à dos à essayer de pousser la porte à battant qui semble résister obstinément.

Elle s’ouvre finalement et me voila face à un employé hispanique du modèle désagréable. Ce type a visiblement autre chose à faire qu’a me servir, il répond péniblement a mes questions et me confirme que je ne prends que l’assurance qui garantie contre les accidents matériels (la SLI). Je signe et me voila parti à la recherche de ma Chrysler Sebring rouge.

J’aime ces grosses voitures de plus d’une tonne. Je trace jusqu’a Miami Beach. Mon Tom-tom me sert de guide et j’arrive enfin sur le pont qui relie Miami à l’Ile de Miami Beach. La 195 traverse magnifiquement la baie et c’est une vue de rêve qui m’attends entre les maisons de millionnaires, les condos immenses et vertigineux et cette eau qui passe du vert au bleu turquoise.

Je passe chez Toxtelecom. Mon nouveau patron m’attend et je suis accueilli comme le messie.

En effet, pendant les deux mois qui précèdent mon arrivée a Miami nous avons été en contact par email et par Skype, un système de chat vidéo. Sa société va mal car il a de nombreux noms de domaines et sites internet mais cela ne fonctionne jamais correctement.

Toxtelecom est une toute petite société de 3 personnes, Banai, sa femme Bandrine et Nicolas l’unique programmeur. On me fait un thé, et tout ce passe bien.

Nicolas me fait une drôle d’impression. Enfoncé dans son fauteuil il semble accablé par la tâche. De l’extérieur, rien ne laisse à penser qu’il s’agit d’une société. Elle est située au milieu d’un lotissement  hupé et ressemble a une maison individuelle. C’est un choix étrange. Peut être une sorte de camouflage?

Bref il est 19h et il est temps de chercher un hôtel. Je vais tout d’abord dans un Econolodge car j’avais déjà essayé cette chaine  et j’ai trouvé que pour le prix c’était très propre. Mais sur Miami Beach rien n’est comme ailleurs. J’ai un mal fou à trouver ce motel et quand finalement je rentre dedans, je me retrouve dans un endroit assez cossu. La personne m’annonce le prix : $160 la nuit! Tout ça a cause de ce maudit Superball! J’ai la haine et je commence à maudire le football américain.

Je vais à pied d’hôtel en hôtel. Je me retrouve du coté de Biscayne ou les prix sont censés être bas, dans une rue très animée ou il est impossible de se garer. Il y a de nombreux touristes, et des minettes peu habillée, exposant leur peu d’attrait dans l’espoir d’attirer un milliardaire. Les néons bleus, rose, rouge et verts sont légion.
Je dois me rendre a l’évidence, les prix on au moins doublés, juste pour cette évènement footballistique!
Me voila à 9h du soir, sans hôtel, à errer dans les rues et j’arrive dans l’Holiday Inn situé au bout de la 41ème sur la plage.

Quand je rentre a l’intérieur c’est la surprise. Il y a que des juifs, tout le monde porte la kipa, ils sont tous religieux. Les femmes sont toutes habillées pareil et les hommes sont comme en uniforme avec des chapeaux et des nattes. Bref j’ai m’impression de me retrouver dans une synagogue. C’est étrange. Les prix sont aussi prohibitifs et finalement je repère un petit hôtel, l’Océan View, juste en face.

Dans un style art déco très sympathique, je demande une  chambre. Le prix est raisonnable. Me voila parti pour réserver une semaine. Mais le Superball arrive et les prix augmenteront et il faudra que j’aille autre part.

J’aviserais plus tard. Je pose mes valise dans une chambre vaste est bien entretenue, décorée avec goût.

Enfin j’apprécie un peu de repos bien mérité.